TAROUDANT, UNE DES PLUS VIEILLES VILLES DU MAROC

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 Les pressés sont déjà morts 

Budget vol, transport et logement par personne 4 nuits et 5 jours (juin-juillet)

360 € env.

Vol Paris – Agadir : 200 € env. (dernière minute)

Logement Riad (petit déjeuner compris) : 130 € (soit 260 € pour deux personnes)

Taxi aéroport Agadir-Taroudant (aller-retour) : 55 € à diviser par le nombre de personne (une bonne heure de trajet)

Autres exemples de dépenses :

  • 10 dirhams : 90 centimes d’euros / 100 dirhams : 9 euros. 
  • Dîner au Riad Palais Oumensour (entrée, plat, dessert) : 16 €
  • Se restaurer dans les « resto » de la ville (plat et fruit) : 7 €
  • Une course de taxi dans Taroudant : 0,60 € env.
  • Jus de canne à sucre : 1 €
  • 1 kilos de figue : 1-2 € env.
  • Une djellaba : entre 80 à 130 dirhams (entre 7 et 12 env.).
  • Une balade en calèche d’une bonne heure : 11 € env.

Il y a quelques jours, sur un coup de tête (encore une fois) j’ai choisi de partir me reposer au soleil. J’hésitais entre la campagne espagnole ou un endroit un peu désertique au Maroc. Bref, vous l’aurez compris j’avais envie de tranquillité.

Je souhaitais aller dans un endroit sans touriste, sans grosse agitation et sans liste longue comme le bras de spots à visiter. 

Mon choix s’est porté sur le Maroc et il faut à tout prix que je vous raconte comment j’ai choisi la ville.

L’objectif initial était d’être près du désert, sauf que faire 5h de vol pour un week-end prolongé de 5 jours, ça faisait un peu beaucoup. Alors j’ai choisi un aéroport à maximum 3h30 de Paris et qui serait le plus bas possible au Maroc.

Je suis tombée sur Agadir mais il était hors de question d’aller dans une grande ville. J’ai ouvert la map sur google, j’ai tracé un trait avec mon doigt jusqu’au prochain nom de ville qui ferait tilt dans ma tête. Et je me suis arrêtée sur….. :

T A R O U D A N T

Avant de vous parler de la ville, je voulais vous parler de l’endroit où j’ai séjourné.

Mon choix de logement s’est porté sur le Palais Oumensour, trouvé sur booking.com

Son nom reflète bien l’ambiance qui y règne. 

Ce riad est un bijou en plein centre ville, un endroit extrêmement calme, propre, agréable, où il fait bon vivre. Le personnel est aux petits soins, les hôtes – des franco-marocains – très accueillants. La nourriture est bonne. Les chambres sont climatisées. Il y a un endroit pour chacun : un salon où regarder la tv, une salle avec des jeux de sociétés et le wifi est accessible dans les parties communes du riad… Nous avons eu la chance d’être surclassées dans une suite, située au dernier étage, donnant sur une grande terrasse qui surplombe le riad et la piscine. 

A 5 minutes à pieds des magasins et des souks et à 10 minutes de la place Assarag, cet endroit est définitivement mon coup de cœur. La maison de vacances de mes rêves, je l’imaginais comme ça. J’ai toujours adoré l’architecture marocaine, les murs couleur sable et parfois ocre rouge, un jardin constitué de palmiers, de dattiers, de bananiers et de fleurs.

Parlons un peu de la ville.

C’était ma troisième fois au Maroc. Marrakech et Casablanca m’avaient plu mais sans grand coup de cœur non plus. Mon contact avec les marocains n’avait pas été des plus réussis et cela avait fortement contribué au fait que le Maroc n’était pas une de mes destinations favorites. 

Mais comme je vous l’ai dit, j’adore l’architecture marocaine, alors j’ai renouvelé l’expérience et cette fois-ci je n’ai pas été déçue.

Taroudant est une des plus vieilles villes du Maroc, c’était un carrefour important pour les caravaniers. Elle est souvent nommée “la petite Marrakech”, car comme elle, est entourée de remparts. 

L’extérieur de la ville avec au loin le marché aux animaux

Ce qui est un peu impressionnant c’est qu’autour de la ville c’est très très désertique. Ca fait très terre d’Afrique, sec, vide, il n’y a absolument rien. Comme si la ville était tombée du ciel au milieu de nulle part. 

Il faut compter une bonne heure de route pour faire le chemin de l’aéroport d’Agadir à Taroudant. Paraît-il que les taxis font le trajet, personnellement je suis passée par le Palais Oumensour qui mettait à disposition un chauffeur. Pas besoin de négocier, une personne vous attend, un petit écriteau avec votre nom dessus et vous conduit jusqu’à Tadoudant. J’ai payé 600 dirhams (55 euros env.) pour faire l’aller-retour. 

La route est bonne, vous passez des villes, des villages, pas toujours très entretenus, des zones désertiques et là au milieu de nulle part, vous arrivez à Taroudant. 

La première chose que j’ai relevé, c’est la propreté, l’entretien de la ville qui n’est pas délabrée. La comparaison est saisissante avec les villes précédemment passées. 

Au sein même de la ville, les spots à visiter sont limités. Taroudant, on y va pour se reposer, pour prendre le temps de vivre, pour être dépaysé. C’est une ville de passage, où les touristes ne restent pas. Ils viennent en car y passer quelques heures et vu que les portes de la ville ne sont pas bien hautes, les cars attendent à l’extérieur. 

Les échanges avec les locaux sont très faciles car nombre d’entre eux parlent français et lorsqu’ils ne le parlent pas, ils font de gros efforts pour vous comprendre. 

Une des premières phrases que j’ai entendu à Taroudant et qui la décrit si bien est la suivante : ” les pressés sont déjà morts “. Rien ne sert donc de courir, tout le monde prend son temps et offre son temps à l’autre.

En fin d’un après-midi, nous avons voulu aller au hammam public, sauf qu’arrivées sur place, on se rend compte que nous n’avons ni gant de crin ni savon noir et que le hammam en question n’en a pas. 

Nous nous sommes donc mises à la recherche d’un gant de crin et de savon noir. Nous sommes entrées dans un magasin et quand on a réussi à leur faire comprendre ce qu’on voulait, une des vendeuses a enlevé son uniforme et a décidé de nous accompagner acheter nos produits. Au retour, elle nous a dit de nous asseoir au frais dans la boutique et elle, a attendu dehors de longues minutes pour nous héler un taxi. 

En bonus, elle nous a conseillé un super hammam (plus de précisions plus bas).

Et je vous vois venir… Elle a fait ça sans contrepartie. Les habitants sont tous aussi gentils et serviables les uns que les autres. 

***

Je vous ai dressé une liste non exhaustive des choses que j’ai pu faire lors de mon séjour. Ce qu’il faut savoir c’est que début juillet est une période particulièrement chaude à Taroudant. Les magasins sont principalement ouverts le matin et en fin d’après-midi jusqu’au soir. 

Nous sortions tous les matins après le petit déjeuner et nous revenions après le repas du midi vers 14h. Nous profitions de la piscine et vers 17h, nous repartions nous promener dans la ville.

Taroudant n’est pas très grand. Si on aime la marche, on peut aisément tout faire à pied. Dans le cas contraire, prenez un taxi. La course coûte généralement 7 dirhams (environ 0,60 centimes d’euros).

10 dirhams correspondent environ à 90 centimes d’euros et 100 dirhams valent environ 9 euros. 
  • Visiter les souks

Généralement le souk est divisé en plusieurs parties : les vêtements, les fruits et légumes, les épices, les bijoux, etc.

Si vous achetez des épices, privilégiez les endroits où le prix au kilos ou au 100 grammes, peu importe, est affiché. 

Une djellaba coûte entre 80 à 130 dirhams (entre 7 et 12 euros env.).

  •  Faire une balade en calèche

Je me demandais pourquoi il y avait tant de calèches à Taroudant étant donné que les touristes ne courent pas les rues. Paraît-il que les locaux se déplacent aussi beaucoup de cette façon. Mon tour de la ville en calèche a duré une bonne heure et j’ai payé 120 dirhams (11 euros env.). La personne qui nous a fait faire le tour, s’est arrêtée dans pleins d’endroits pour qu’on puisse faire des photos, monter sur les remparts, etc. J’ai beaucoup apprécié. Ce jour là, c’était le marché aux animaux. En dehors de la ville, les personnes se retrouvent et s’échangent ou se vendent des moutons, des poules etc. Un spectacle qui vous ramène un siècle en arrière. C’est aussi pendant cette balade que j’ai appris que les scènes de la caverne d’Ali Baba et des 40 voleurs ont été tournées ici, à Taroudant. (Je vous ai mis la photo de l’entrée de la grotte plus bas)

Caverne d’Ali Baba (l’entrée est au milieu)

  • Montez sur les remparts de la ville
  • Aller manger sur la place Assarag

Le restaurant les Arcades propose une carte à 70 dirhams (6 euros env.) le menu : ne vous attendez pas à des belles serviettes blanches et de la gastronomie haute voltige. Le lieu est simple : table en plastique et serviette en papier. Comme à la maison mais efficace. Pour ce prix, vous aurez généralement une petite salade de tomates-poivrons en entrée, des brochettes, un couscous ou tajine (même végétarien) en plat et un fruit en dessert. Si vous souhaitez avoir une vue plus complète de la place, montez sur leur terrasse. 

Place Assarag, vue du restaurant “Les arcades”

Restaurant les Arcades

  • Les oranges de la région de Taroudant sont très réputées. N’hésitez pas à savourer un jus bien frais. 

 

  • Faire un hammam public

Je vous conseille celui qu’une locale m’a conseillé : Hammam Andalous. Indiquez ce nom à un taxi et il vous y amènera. Vous ne le trouverez pas sur internet mais je peux vous dire qu’il est propre, grand, ni trop chaud ni pas assez et bien évidemment il n’est pas mixte. Vos affaires seront en sécurité, gardées par la gardienne. Les femmes sont assises par terre sur des morceaux de nappes en plastique. On vous fournit une grande bassine d’eau. Apportez votre maillot de bain, votre serviette et votre shampoing, votre soin etc. L’intérêt du hammam est de ressortir toute propre. L’entrée au hammam coûte dans mes souvenirs environ 5 euros et si vous demandez un gommage, il me semble que vous paierez en plus 7 ou 8 euros. Cela a été un de mes moments préférés à Taroudant. Un moment d’authenticité et de détente.

  • Se promener dans les ruelles

Et manger dans des petites échoppes sans se poser trop de question sur la chaîne du froid pour 2-3 euros et parler avec les locaux ! Ils sont tellement accueillants et sociables que ça serait dommage de ne pas partager un petit moment avec eux. 

La pâtisserie

  • Le Palais Salam : mon avis

Lorsqu’on cherche quoi faire à Taroudant, sur internet on vous conseille d’aller voir le Palais Salam. L’entrée coûte 1,50 euros par personne. C’est un hôtel avec quelques de jardins. Malheureusement, il est clairement à l’abandon, il n’y a plus vraiment de visiteurs, on a l’impression de visiter un hôtel abandonné, les piscines sont devenues des mares. Apparemment, au décès du propriétaire, la relève n’a pas été assurée correctement par ses héritiers. C’est vraiment dommage car le lieu est magnifique, on dirait un petit village par endroit, mais je pense que si l’hôtel n’est pas vite repris en main, la nature reprendra ses droits. Alors aller le visiter… oui et non… De base, nous voulions y boire un verre pour nous rafraîchir mais après avoir fait le tour, nous avons préféré nous en aller. 

  • Sortir de la ville

Je sais qu’autour de la ville (à 30 minutes voire 1 heure de route), il y a des choses à visiter mais je voulais me reposer et profiter uniquement de Taroudant.

Mais c’était sans compter notre rencontre inopinée avec le sous-préfet de la ville au Palais Oumensour, qui nous a proposé d’aller voir le coucher de soleil sur la palmeraie de Tioute. Tioute est à environ 30-35 min de route de Taroudant, c’est un endroit encore plus reculé, entouré de montagne. Nous avons regardé le coucher de soleil à partir des ruines d’un ancien palais donnant sur la vallée et sur la palmeraie. Un beau spectacle.


 

Mes derniers conseils :

  • Le point vestimentaire : bien que Taroudant soit un peu reculé au Maroc et que 95% des femmes y portent le voile, les gens sont assez ouverts d’esprit sur ce point. J’ai pu me promener en robe d’été à bretelles, arrivant aux genoux sans aucun problème. Les hommes vous disent juste un peu plus bonjour mais rien de plus. J’ai quand même préféré, par respect, porter soit : une veste en jean quand ma robe arrivait aux genoux, soit je portais des robes longues et laissais découverts mes bras. C’était plus une question de respect qu’autre chose. 

  • Se nourrir et se déplacer sont très très abordables. Il y a peu de restaurant comme nous l’entendons nous français, ce sont souvent des petits échoppes ou des endroits très simples. Si vous souhaitez un peu plus de luxe, il faudra aller dans les riads et donc payer plus cher. Pour vous donner une idée, au Palais Oumensour, le menu entrée, plat, dessert est à 160 dirhams (environ 15 euros). En ville, dans les restaurants vous pouvez manger beaucoup simplement pour environ 6-7 euros (entrée, plat, dessert).  

  • Mon dernier conseil serait d’oser. Oser sortir des sentiers battus et aller visiter les petites perles inconnues des pays que vous visitez. On a trop souvent tendance à choisir les grosses villes, les endroits où tout le monde va, à faire les mêmes photos que tout le monde sur instagram. Comme des moutons. Je vous jure, parfois, ça fait du bien de s’écarter des foules.

 

En attendant, vivez vos rêves et voyagez autant que vous le pouvez !